AKAGO, ma vie au Groenland - Nicolas Dubreuil

Chronique d'Esme-ralda

Sans titre 5

 

[ NOUVEAUTE - 2016 ]

 

 

Résumé :

Depuis plus de vingt ans, Nicolas Dubreuil passe chaque année près de huit mois dans le Grand Nord. Sa terre de prédilection: Kullorsuaq, le village le plus extrême du Groenland. Au fil de ses aventures, « Niko », comme l’appellent ses copains Inuits, y a noué des liens uniques avec ces chasseurs d’ours, de phoque ou de narval. C’est là aussi qu’il a construit sa maison.
L’explorateur nous fait partager son quotidien aux côtés d’Ole, son meilleur ami à l’âme rêveuse, ou de Pita, un tueur d’ours à la dure qui n’hésite pas à faire dix jours de traîneau pour retrouver sa belle. Un univers chaleureux et déjanté, rythmé par des parties de foot endiablées ou des selfies sur Facebook, loin des clichés habituels sur ces peuples.
Réchauffement climatique, ruée vers le pétrole, jeunesse perdue… Aujourd’hui, Kullorsuaq se retrouve face à son destin. Entre situations désopilantes et vives inquiétudes, Nicolas Dubreuil raconte avec humour, à hauteur d’homme, ces bouleversements qui nous concernent tous.

 

Mon avis :

Tout d’abord une carte pour situer le Groenland.

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Vous voilà aviser de la situation : notre explorateur adore les grands espaces du grand nord.

Pour moi ce fût une grande découverte au hasard d’un zappage de mon homme à la recherche d’un programme de télévision digne de lui. Il s’arrête sur Arte et là Nicolas Dubreuil fait la promotion de son nouveau livre. Et ce fût immédiatement : il faut que j’ai CE livre. Chose dite, chose faite aussitôt le lendemain.

Loin de la romance et de tous genre de livres que je lis habituellement, Akago fut une révélation et m’a permis d'avoir un nouveau regard sur un monde totalement inconnu : les Inuits, peuple de chasseurs et de pêcheurs.

"Pour évoquer le futur, les Groenlandais n’utilisent qu’un seul mot : « Akago ». Mais ce mot signifie également « demain ». Pour les gens d’ici, le futur c’est donc demain. Pas la semaine prochaine et encore moins l’année suivante."

Un peuple infatigable et traditionnel qui vit au jour le jour et s’adapte à toutes situations incongrues qu’il rencontre : du changement climatique, à un drame en passant par les réparations de leurs maisons faites en grande partie avec de la récupération. Ce qui est incroyable et inimaginable, c’est cet intérêt pour la modernité. Vous ne croiserez pas un inuit sans un smartphone, un gps, un ordinateur (avec liaison internet bien entendu) et la console de jeux dans chaque salon. Ce besoin de se rapprocher du monde occidental est très fort et vital. Mais ces villages isolés sont loin d’être à la pointe de la modernité. La chasse et la pêche restent leurs seuls moyen de vivre. Même si certain ne voit plus trop d’avenir dans ce monde assez « ancestral ». Chaque Inuits ont une capacité d’adaptation formidable et extraordinaire qui ferait pâlir nos aventuriers de Koh Lanta.

"Ce manque de moyens ouvre de fascinantes perspectives. Inutile d’être expert pour agir, de maîtriser toutes les techniques. Il suffit juste de se lancer et d’être assez débrouillard pour contourner les obstacles. La vie à la groenlandaise a le mérite de simplifier des tâches devenues très complexes chez nous."

Le respect de chaque individu, du noyau familial et envers la nature sont une bonne leçon pour nous occidentaux. Les choses simples, mises de côté dans le monde occidental, deviennent des moments merveilleux chez les Inuits.

"Son premier réflexe est de caresser sa proie et, par respect, de déposer un bout de glace dans sa gueule. La croyance veut que l’eau gelée lui évite d’avoir soif pendant son trajet vers le paradis. La chasse est finie. Le chaos cède la place à un calme olympien, comme si rien ne s' »tait passé. On s’assoit sur les traîneaux, on boit un café, on fume une cigarette. Et on se remémore les moments les plus forts de cette partie de chasse.

[…]

A peine de Ski-Doo de secours parti, la vie s’organise. Nous sommes au beau milieu de rien, mais la joie de vivre, me rassure. Un garçon sort une guitare. D’autres voyageurs s’installent à ses côtés et chantent avec lui. Certaines fument abondamment. Leurs doigts, que j’aperçois quand ils ôtent leurs gants, sont jaunis par le tabac. Devant eux, des hommes et des femmes se mettent à danser. La douce folie groenlandaise dans toute sa splendeur. L’Arctique est une fête."

Je reste époustouflée du témoignage de Nicolas Dubreuil qui m’a fait connaître un peuple à nous faire pâlir et dont nous avons beaucoup à apprendre avec humilité.

Le dernier mot : une réflexion pleine de bon sens :

"Moi, ce que j’ai compris avec tout ça, c’est qu’il faut vraiment que mes enfants voyagent, me dit Ole. Je veux qu’ils comprennent le monde, avant qu’ils ne s’installent vraiment chez nous, afin qu’ils fassent les bons choix. Et qu’on arrête de croire que tout le monde nous en veut. Mais tu vois, sur le pétrole par exemple, il faut qu’ils viennent ici pour comprendre la situation. L’arrivé du pétrole aura des conséquences sur notre environnement. Comme chez vous."

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Date de dernière mise à jour : 18/06/2016

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